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   Auterive, le 4 avril 2020

 

  

Meditation sur l'évangile du dimanche 05/4/2020

 

Dans l'évangile de la passion, le Seigneur Jésus cumule les dernières places, non pas tel un cancre qui ne travaille pas, mais par compassion pour notre humanité blessée par le péché.

 

Jésus se fait esclave en consentant à la trahison de Judas qui le vend pour trente pièces d'argent, le prix d'un esclave selon Ex 21, 32. Jésus se fait nourriture par le repas en instituant l'Eucharistie. Jésus montre sa crainte devant la souffrance, « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. » Jésus ne compte pas sur ses propres forces pour affronter ce moment douloureux mais il s'en remet à Dieu le Père dans la prière. Jésus, qui est tout Amour, se laisse livrer par un geste d'amour, une embrassade. Quelle moquerie ! Jésus, roi tout puissant, se fait faible en refusant d'utiliser la force, des légions d'anges par exemple, pour se défendre. Jésus se fait bandit pour se laisser saisir par une foule armée d'épées et de bâtons. Jésus garde le silence devant les fausses accusations et la mauvaise foi du grand prêtre, des scribes et des anciens. Jésus, roi par excellence, il commande à la création (il est capable de faire cesser une tempête, de ressusciter des morts...), accepte les moqueries sur sa royauté par les gardes. Jésus, prophète par excellence (il interprète les Ecritures, il a prédit son arrestation, la trahison de Judas et le reniement de Pierre...), accepte les moqueries et d'être rejeter comme les prophètes qui l'ont précédé. Jésus, lui qui est Dieu, lui qui est le Saint par excellence, accepte d'être rejeté au profit d'un prisonnier bien connu. Jésus, lui qui porte la création, consent à se faire aider sur le chemin de croix par « un nommé Simon, originaire de Cyrène ». Jésus, qui met toute sa confiance en Dieu son Père, accepte que l'on s'en moque : « Il a mis sa confiance en Dieu. Que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime ! »

 

Dans son récit, St Matthieu fait de nombreuses références à l'Ancien Testament. Il montre que toute la passion de Jésus s'accomplit selon les Ecritures et personne ne s'en rend compte. Jésus prend tout le monde à rebrousse-poil. Un chant de l'épiphanie s'intitule « Qui es-tu roi d'humilité ? » Cette question est toujours actuelle.

 

Au delà du fait de tout bien faire et de ne pas avoir de péché sur la conscience, Jésus nous apprend à mettre en priorité l'amour de Dieu, du prochain et de la Vérité avant nous-même, notre ego et notre amour-propre. Jésus nous apprend à accepter de prendre la dernière place aux yeux des hommes, et à recevoir la justice, notre sécurité et notre récompense de Dieu seul, en vue du royaume des cieux.

 

Jésus nous prend à rebrousse-poil, mais nous percevons bien que c'est Lui le Chemin, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14, 6). C'est pour cela que nous voulons quand même le suivre et que nous nous réjouissons de sa venue parmi nous. Avec toute la foule qui l'a acclamé quand il a fait son entrée triomphale et humble à Jérusalem, nous aussi nous crions « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »

 

Aujourd'hui, notre joie d'accueillir Jésus comme notre roi ne peut pas s'exprimer pleinement. Nous sommes invités à la vivre de manière humble, dans nos foyers. Cela ne nous empêche pas de l'accueillir pleinement et de la laisser grandir au secret de notre cœur. Quand le moment viendra, nous pourrons la témoigner au monde de manière d'autant plus vraie.

 

 

 

Abbé François Monier

 

 

Vivre la procession du dimanche des Rameaux chez soi

 

La procession avec les rameaux que nous vivons tous les ans manifeste notre joie d'avoir le Seigneur Jésus comme roi. Ce roi vient nous sauver du péché, nous ouvrir les portes du Royaume des Cieux, nous donner la possibilité de vivre un chemin de paix avec Dieu et avec notre cœur. Ce roi n'est pas tyrannique mais plein d'amour et de miséricorde envers ses sujets.

 

 

 

Cette année, nous ne pourrons pas vivre la procession avec les Rameaux comme les autres années.

 

Pour la vivre en famille, je vous fais une proposition à adapter selon ce qui vous semble bon.

 

  • Préparer un oratoire dans la maison pour prier en famille.

 

  • Rassembler vous en autre point de la maison avec des rameaux.On peut prévoir de prendre en procession une croix, ou une image du Christ.

 

  • Quelqu'un lit l'évangile de de l'entrée messianique de Jésus à Jérusalem (Mt 21, 1-11).

 

  • Prendre un temps en silence pour que chacun le laisse résonner dans son cœur et se pose la question : « Pourquoi moi je me réjouis d'avoir le Seigneur Jésus comme roi ? Pourquoi moi je l'acclame ? »

 

Avancer en procession jusqu'à l'oratoire en chantant ou en proclamant quelques acclamations de joie.

 

  • Arriver à l'oratoire on place bien en évidence la croix ou l'image du Christ portée en procession.

 

  • Pour ceux qui le souhaitent, on peut dire pourquoi on se réjouit d'acclamer le Seigneur Jésus.

 

  • La foule déposait des manteaux sur le passage de Jésus pour l'honorer.

 

Prendre un temps en silence pour que chacun se demande « Que puis-je donner à mon roi pour l'honorer ? Une action de grâce ? Un effort particulier ? Un peu plus de prière ? Accepter plus humblement les remarques que l'on peut me faire ?

 

  • Chanter ou proclamer quelques acclamations de joie.

 

  • Vivre la célébration du dimanche comme vous le faites habituellement.

 

  

Quelques informations 

 

 

   Bénédiction des Rameaux

 

Les rameaux pourront être bénis par la suite à l'occasion d'une bénédiction de la maison ou d'une célébration à l'église quand le confinement sera fini.